lundi 25 novembre 2013

C'est goûtu.

Miaou bonjour.

Depuis juin dernier, je suis devenue végétarienne. En partie par goût, je n'ai jamais été très fana de viande et poisson, mais essentiellement par principe. Vraisemblablement, le concept de se priver "par principe" semble poser quelques problèmes de compréhension à nombre de personnes, qui me rétorquent et me "prouvent" par A+A que c'est complètement stupide. Généralement, il est très difficile de répondre à des personnes qui vous assomment de leur verve et ne vous laissent pas le temps de vous exprimer. C'est pourquoi je compte bien détailler les raisons de ce choix ici.

Très nombreux sont ceux qui, récemment, ont vu passer l'article de Pénélope Bagieu sous forme de bande dessinée, en faveur de la pétition contre le chalutage profond (que je vous conseille très vivement de signer si ce n'est déjà fait). La miss explique que cette méthode de pêche déficitaire consiste à ramasser tout ce qui passe, pour au final ne conserver que trois espèces de poissons n'ayant rien d'exceptionnel et peu prisées. Un énormissime gâchis en perspective, avec une utilisation outrageante de nos impôts, puisque les primes sont la seule ressource qui leur permette de persister. Autrement dit, on leur donne de l'argent pour qu'ils puissent continuer à ramasser pour rejeter. Quelle productivité !
Malheureusement, cette méthode de pêche est loin d'être le seul problème causé par la surconsommation de poisson. Non seulement notre population croît, mais en plus elle consomme de plus en plus. Et notre système fait que nous avons tendance à vouloir produire encore plus que ce que nous consommons, histoire d'être certains de pouvoir couvrir la demande, quitte à jeter le surplus. Résultat, nous prélevons trop de poissons pour que leurs populations puissent se reconstituer. Pour répondre à ce problème, notre législation protège nos côtes, mais seulement elles. En effet, au-delà de 200 miles, les océans n'appartiennent à personne, et sont donc libres d'être pillés à souhait. Sans parler des problèmes causés par les accords de coopérations signés entre les géants du milieu et une majorité des pays en voie de développement. Ces derniers ont obtenu des subventions utiles à leurs états, cependant les pêcheurs locaux n'ont plus qu'à subir les conséquences de l'exploitation intensive de leurs côtes...

Ensuite, le végétarisme concerne également, et même principalement, la non consommation de viande. Pourquoi la viande ? Messire Alexis Koleszar en a lui aussi résumé les principaux arguments à l'aide d'une bande dessiné, qui, bien qu'elle n'ait pas autant pullulé que celle de Pénélope, est tout aussi bien expliquée.
Pour répondre à l'augmentation de la consommation de viande mondiale, nous avons développé l'élevage intensif. Vous n'êtes certainement pas sans savoir que ces pratiques posent davantage de problèmes qu'elles n'en résolvent. Eutrophisation des eaux, émanations de gaz à effet de serre (méthane, mais également dioxyde de carbone), consommation en eau faramineuse, problème d'espace en partie dû aux cultures nécessaires pour nourrir toutes ces têtes,... tant de choses qui nous encourage à nous interroger sur le réel intérêt de cette pratique. Effectivement, le calcul est vite fait : si l'on utilisait les cultures exploitées pour nourrir toutes ces bouches pour nous nourrir nous-même, on aurait besoin de vachement moins de place !

Alors c'est bien beau de dénoncer tout ça. On pourrait dire qu'on n'y peut rien, que ce n'est pas nous qui choisissons, qu'une personne qui fait l'impasse sur la nourriture carnée ne fera qu'un peu plus de gâchis. Erreur ! Qui paye des impôts ? Qui détermine la rentabilité d'une filière ? Qui, par son comportement, influe les décisions marketing, les promesses politiques (pas toujours tenues, certes), un peu tout en somme ? Nous ! Vous et moi ! Et tous ces petits gens qui ont l'impression d'être impuissants, de ne jouer aucun rôle dans tout ce genre de procédés. Pensez-y bien, si la consommation de viande ou de poisson diminue ne serait-ce que de 20%, ça fera quand même une grosse grosse part de gâchis en plus, et ça sera forcément visible sur les fiches de rentabilité des gros industriels. Si vraiment seul le profit les intéresse, alors réduisons celui qu'ils font sur des procédés qui nous hérissent les poils.

Je ne vous incite pas à devenir végétarien, j'aimerais juste que vous preniez conscience de l'impact qu'une multitude de petits riens peuvent avoir. Utopique ou non, je suis végétarienne par principe.