mardi 20 août 2013

Remboursé !

Miaou bonjour.

Je suis tombée ce matin sur cet article du Monde, traitant de la dette écologique de l'humanité envers la planète. (En voici un autre plus bref de WWF)
Chaque année, un calcul est fait estimant la date à laquelle nous aurons épuisé les ressources annuelles théorique de la planète. Il s'agit d'un seuil au-delà duquel nous "empruntons" sur les années suivantes. Vous vous imaginez bien qu'à la longue, on a pris quelques années d'avance...
Cette année, c'est aujourd'hui, mardi 20 août, que nous atteignons le seuil de dépassement de la biocapacité. Ça représente pas mal de mois d'emprunt.

Consommation par pays par rapport à leur territoire
Les calculs par pays sont surprenant. On pourrait penser, par exemple, que la Chine et les Etats-Unis seraient en tête du classement des surconsommateurs. Eh bien que nenni ! Bien qu'ils ne soient pas innocents, les plus mauvais exemples sont le Japon et le Qatar, qui utilisent respectivement 7.1 et 5.7 fois plus que les ressources de leurs terres. La France n'est pas exemplaire non plus.


Cet article explique bien l'intérêt de cette date, mais il reste incomplet. On est en droit de se demander, par exemple, si le surplus prélevé diminuera la capacité de régénération de la planète. Je m'explique ; ce calcul est très global, mais lorsque l'on s'intéresse à des sujets plus précis, par exemple la déforestation ou la surpêche, on constate vite qu'une pression trop importante sur les populations d'espèces considérées restreint d'autant plus leur capacité à renouveler le stock d'individu. Le calcul de cette date étant basé, entre autre, sur les émissions de CO2, cela ne me surprendrait pas que la déforestation justement, réduise à petit feu la capacité de la planète à réabsorber et stocker ce gaz à effet de serre. On pourrait assimiler ça à un système d'intérêts sur la dette. Sauf que contrairement à notre système monétaire, nous ne sommes pas capables de créer de la matière théorique.
On peut dors et déjà craindre l'heure du remboursement.


Voici donc une autre raison pour justifier mon végétarisme (en plus de la santé, la lutte contre le gaspillage et contre la souffrance animale), car l'élevage intensif contribue grandement à cette dette ! (Un article en anglais ici.) Il impacte sur la déforestation par son besoin d'espace, sur la production de gaz à effet de serre, sur la consommation d'eau, non seulement pour abreuver les bêtes mais également pour la production des tonnes d'aliments nécessaires à leur croissance, sur la pollution de l'eau par la concentration trop importante d'excréments sur une surface limitée, et même sur la santé humaine, notamment par son faible brassage génétique favorisant le développement de pathogènes.

Bien évidemment, il y a tout un tas d'autres points sur lesquels une petite personne peut agir tous les jours pour limiter son impact écologique. (Je peux notamment vous renvoyer vers l'article sur des dispositifs simples et abordables pour économiser de l'eau.) Cependant, comme d'habitude j'ai envie de dire, nous sommes très mal informés.
Je ne peux que vous conseiller de vous renseigner, et par exemple visiter régulièrement le site ekolo[geek] que je trouve très ergonomique, présentant fréquemment de nouveaux petits gestes ou astuces illustrés.

7 commentaires:

  1. J'ai rien contre les végétariens ! Mais mon avis personnel est que c'est assez excessif, la viande est méga surconsommée on est d'accord, et ça fait énormément de dégâts. Mais réduire (fortement) le gâchis et la consommation pourrait suffire!

    J'ai bien peur par contre qu'il n'y ait pas que la viande qui soit un problème, nous surconsommons tout, absolument tout, et en masse ! Ce genre d'article est hyper alarmant, inquiétant, mais tout le monde s'en fout. On utilise 1.5 terre alors qu'on en a qu'une, ça marche pas comme une banque qui fait crédit et qu'on rembourse plus tard.

    M'enfin ça ira comme ça jusqu'à une VRAIE crise ou les gens se battront pour avoir quelques litres d'eau potable, ou un truc à manger.

    (ce commentaire est assez inutile)

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  2. Je suis d'accord pour le gâchis. Seulement, en tant que consommateurs, la seule manière à ma connaissance de lutter contre ça est de boycotter. Tant que ça leur rapporte plus qu'elles n'y investissent, les grandes firmes n'auront aucune raison de limiter leur production. Et le seul moyen pour qu'elles soient déficitaire reste de ne plus consommer leurs produits.

    Les gens qui se battent pour quelques litres d'eau ou de la nourriture, ça existe déjà. Et ça change rien.

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  3. Récemment j'ai vu des reportages sur cette surconsommation et ses effets, et bien qu'avant je pensais comme Poulpix, aujourd'hui j'ai décidé non pas de devenir végétarienne mais au moins d'essayer un minimum de ne pas participer à tout ça.

    Après, je suis réaliste, si je voulais vraiment boycotter tous les produits qui peuvent poser problème, je ne mangerais plus rien... Mais j'ai drastiquement baissé ma consommation de viande (j'en mangeais déjà pas beaucoup, et maintenant je me limite aux repas avec des amis ou au resto) je regarde encore mieux ce que j'achète (provenance des oeufs, etc.) quitte à payer plus cher.

    J'avoue qu'il y a aussi le côté souffrance animale qui me trottait dans la tête depuis longtemps -_- mais pendant tout ce temps je me suis dit que j'apprécie trop la viande pour arrêter... le plus dur étant certainement la charcuterie, que j'adooooore -_- Mais là comme je veux manger plus sainement (je suis en surpoids) c'était l'occasion, d'une pierre deux coups!

    Prochaine étape : tenter les coopératives de petits producteurs pour certains produits frais (ce qui va être bien chiant parce que je devrai à chaque fois trouver quelqu'un pour m'y conduire - trop facile si c'était près de chez moi...)

    Après, je sais bien qu'en remplaçant la viande par, par exemple, du soja, c'est remplacer le problème par un autre (surproduction de soja dans le monde) mais bon, j'essaie, c'est déjà ça ^^

    Et au moins, ça aura déjà un impact bénéfique sur ma santé !

    Avant je me disais "de toute façon c'est pas une personne qui arrête la viande qui va changer le monde" mais maintenant je suis plutôt à me dire qu'en essayant de suivre mes principes, même si c'est un coup d'épée dans l'eau, j'ai au moins ma conscience pour moi.

    Combien de temps je vais tenir, ça c'est une autre histoire :p

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    1. Ce site t'intéressera peut-être :p
      http://www.colibris-lemouvement.org/

      "Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
      Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »"

      En espérant qu'on puisse améliorer la fin avec tous les animaux qui se mettent à participer et qu'ensembles ils puissent sauver une partie de la forêt. x)

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  4. Je ne sais pas trop ce que vaut ce graphique, ce qu'il représente est peu clair... ce ne sont pas les chinois qui utilisent 2.5 fois ce qu'ils devraient, puisqu'ils servent de grosse usine au monde occidental. Il vaudrait mieux étudier la consommation réelle par habitant :)

    Sinon, expliquer son (semi-)végétarisme par la santé, c'est un très mauvais argument, surtout qu'il existe de très très bonnes raisons de manger moins de carne (comme tu le disais, l'élevage, surtout intensif, est extrêmement polluant).

    A ce propos, je pense que la solution tient en deux points :
    1) La limitation de notre consommation de viande, bien sûr, sans en venir forcément au végétarisme (une baisse de 25% me semble très envisageable sans trop d'efforts !)

    2) Le développement de l'entomophagie, c'est-à-dire la consommation d'insectes. Un peu moins "non à la souffrance animale" (mais de toute manière les "protecteurs des animaux" se soucient avant tout de ce qui est mignon... moins facile d'avoir de l'empathie pour une sauterelle que pour un agneau :D), mais autrement plus écologique que la situation actuelle. De plus, les produits peuvent être raffinés pour être plus présentables(mmmh, pâté de grillon), et pas mal de trucs peuvent être récupérés (crottes, chitine, etc).
    Voir le Projet Khepri, fait par des potes : http://khepri.tumblr.com/
    Si on remplace un autre 25% de la consommation de viande par cela, on a déjà réduit de moitié, sans trop changer ses habitudes. :)

    Bon, de toute manière, croire qu'on pourra sauver la planète chacun dans son petit coin de manière individuelle ou en moralisant les gens (je ne dis pas que tu le fais ici !), ça ne fonctionnera jamais, c'est complètement se cacher le problème et se donner bonne conscience en oubliant les causes ;)

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    1. Certes, mais je me vois mal changer le monde.
      En revanche, les consommateurs ont la possibilité de choisir comment consommer, et d'avoir une influence indirecte sur la production.

      Et concernant les "protecteurs des animaux", je ne suis pas sensibilisée qu'à ce qui est "mignon", et j'ose espérer ne pas être la seule dans ce cas.

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  5. "En revanche, les consommateurs ont la possibilité de choisir comment consommer, et d'avoir une influence indirecte sur la production."

    Oui et non. C'est en grande partie l'offre qui va définir les comportements de consommation. Plus de demande pour un même produit ne va pas forcément impliquer mécaniquement plus de production, mais parfois tout simplement... une augmentation des prix.

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