lundi 29 avril 2013

Empoisonner pour mieux protéger ?

Miaou bonjour.

Cela fait plusieurs années que le braconnage décime les populations d'éléphants et de rhinocéros en Afrique. Cette cause me touche particulièrement, ma famille ayant des connaissances au parc national camerounais Bouba N'Djida, devenu tristement célèbre en début d'année 2012 pour des pertes estimées à plus de 50% de ses populations de pachydermes. Ce fut l'année la plus meurtrière depuis longtemps pour eux.
Ce braconnage est dû à la valeur des cornes de rhinocéros et de l'ivoire des défenses d'éléphants dans certains pays d'Asie, devenues supérieure à celle de l'or. Les cornes des premiers sont vendues sous forme de poudre composée principalement de kératine, une protéine de structure naturellement présente dans les cheveux et ongles (c'est-à-dire que vous auriez les mêmes résultats en rongeant vos ongles). Les chinois, entre autres, leur prêtent à tort des vertus médicinales miraculeuses, finançant ainsi les conflits et mafias des braconniers.

Face à l'infructuosité des mesures de protection mises en place à petite échelle, une réserve de l'Afrique du Sud, Sabi Sand, a décidé d'empoisonner les cornes de ses rhinocéros. Les produits employés sont toxiques mais non mortels. Le but est de dissuader les clients d'acheter la poudre des cornes empoisonnées, rendue colorée par la substance. Cette pratique est également associée d'une campagne d'avertissement du procédé.

Si l'intention est louable, je reste sceptique. D'une part, la mise en place du projet nécessite d'injecter la substance directement dans la corne de chaque animal, impliquant des manipulations stressantes pour lui.
De plus, cette protection n'est que ponctuelle, il faudrait pouvoir traiter l'ensemble des individus de l'espèce, sans quoi je crains que ça n'encourage les braconniers à en tuer davantage pour s'assurer d'un rendu suffisant, sans surprise de voir la moitié de la "récolte" colorée au broyage.
Enfin, je pense que ce trafic ne tient qu'aux croyances et à l'engouement des consommateurs. Une fois de plus, l'information, la sensibilisation et l'éducation permettraient de limiter, réduire, voire supprimer ce problème. Si cela semble compliqué dans certains pays concernés, nous avons tout de même des autorités mondiales ou continentales dont le rôle est de résoudre les problèmes de ces ordres. En attendant, ou faute de mieux, il serait sage, la prochaine fois, d'envoyer des aides avant que les saisons de ces braconnages périodiques ne soient terminées.

3 commentaires:

  1. J'ai vraiment eu une mauvaise influence sur toute une génération de journalistes... cette manie de mettre en gras ou de souligner des mots au pif #ratmuworldonline

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  2. Ces options sont disponibles, autant s'en servir pour mettre en valeur des notions u'on juge importantes =p

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